Véritable pépite technologique, la société belge Calyos est spécialisée dans les technologies avancées de refroidissement biphasique (liquide vers vapeur) sans pompe. Ses marchés ? Les data centers, la mobilité, l’énergie et la défense pour lesquels les solutions de refroidissement traditionnelles s’avèrent insuffisantes.
Basés sur une technologie disruptive brevetée, les systèmes développés par Calyos fonctionnent sans pièces mobiles offrant des solutions de refroidissement performantes et durables. En 2021, la technologie Calyos a été reconnue par la Fondation Solar Impulse. En 2026, l’entreprise a été sélectionnée pour intégrer le programme OTAN DIANA avec, pour objectif, d’accélérer l’adoption et le déploiement de sa technologie dans le secteur de la défense.
Rencontre avec Antoine de Ryckel, le CEO de Calyos

Ingénieur de formation, Antoine de Ryckel a toujours travaillé dans l’industrie. Depuis 5 ans, il gère Calyos, une PME belge dont plus de 90 % de l’activité est réalisée à l’export et qui adresse trois grands segments de marché.

Le premier segment est celui de la mobilité électrique couvrant des applications pour l’aéronautique (Airbus), l’automobile (General Motor) et le maritime. Le deuxième segment concerne le computing, incluant les data centers, les supercalculateurs et les équipements informatiques de type laptop. Dans ce domaine, Calyos travaille, par exemple, avec la société autrichienne Noctua sur le lancement d’une solution de refroidissement dédiée aux équipements de gaming. L’entreprise est également active dans les secteurs de l’énergie notamment pour le refroidissement des systèmes électroniques utilisés dans les applications de conversion d’énergie pour les applications photovoltaïques.
Calyos adresse les marchés mondiaux de la mobilité et du computing, avec une forte présence en Europe et aux États-Unis. L’entreprise se concentre principalement sur l’Europe pour les secteurs de l’énergie et de la défense.
Valeo et Calyos révolutionnent la gestion thermique
« Nous venons de signer un accord avec Valeo, l’un des leaders des technologies automobiles, pour développer et industrialiser, ensemble, des solutions de refroidissement de puces électroniques autonomes et hautement performantes pour les secteurs de la mobilité et de l’informatique, répondant aux exigences thermiques critiques de l’électrification et l’intelligence artificielle (IA) » – Antoine de Ryckel.

L’explosion de l’IA augmente fortement les besoins en refroidissement. Est-ce une opportunité majeure pour Calyos ?
Oui tout à fait car les puces d’IA sont, aujourd’hui, intégrées dans de nombreux équipements comme les voitures autonomes, les centres de données, les systèmes de défense, .. Toutes ces puces chauffent et les concepteurs cherchent, bien entendu, le moyen de les refroidir !
Les tendances technologiques
« La technologie développée par Calyos répond à trois grandes tendances technologiques : l’intelligence artificielle, l’électrification et la durabilité qui favorise les solutions sobres en énergie nécessitant peu de maintenance grâce à l’absence de pièces mobiles » – Antoine de Ryckel
Les centres de données européens peuvent-ils devenir plus sobres énergétiquement grâce à vos solutions ?
C’est clairement l’un de nos objectifs (sourire) ! À l’heure actuelle, le refroidissement représente entre 30 et 40 % de la consommation énergétique des centres de données. L’optimisation de cette dépense énergétique constitue donc un enjeu majeur pour l’industrie.
Pensez-vous que le refroidissement sera l’un des principaux freins à la croissance de l’IA dans les prochaines années ?
Oui le refroidissement peut, à terme, constituer un frein au déploiement de l’IA même s’il ne représente, à ce jour, pas encore un facteur limitant.
Nous observons néanmoins des évolutions majeures dans la conception des composants : certains fabricants développent, par exemple, des puces de plus grande taille afin d’améliorer la dissipation thermique.
Comment vos technologies peuvent-elles améliorer les performances et la durée de vie des batteries ?
Nous avons co-réalisé des tests de refroidissement de batteries destinées au sport automobile et avons constaté qu’une meilleure gestion thermique améliore la durée de vie des batteries. Cela étant, je précise que la priorité de Calyos n’est pas de se concentrer sur la durée de vie des batteries. Nos développements portent principalement sur le refroidissement des batteries destinées aux systèmes de recharge ultra-rapide (ultra fast charging systems).

Calyos a été sélectionnée pour le programme DIANA de l’OTAN. Que représente cette reconnaissance ?
Cette une très belle reconnaissance d’autant que seulement 4 sociétés belges ont été sélectionnées ! Pour Calyos, ce programme constitue l’opportunité de démontrer la pertinence et la robustesse de ses technologies sur un large éventail d’applications : un avion, un PC, une batterie, un data center…militaire. L’objectif est d’aligner ces développements avec les réalisations que nous menons dans le civil. Nous sommes clairement sur une approche dual use.
Quelle annonce aimeriez-vous pouvoir faire dans les deux prochaines années ?
L’enjeu majeur sera de percer dans les différents marchés. Et j’aimerais pouvoir annoncer le déploiement de notre technologie dans le secteur automobile ainsi que dans celui des data centers. Accéder à ces marchés représenterait un changement d’échelle important pour notre entreprise tant en volume qu’en nombre d’unités déployées.
Le mot de la fin ?
Je dirais qu’aujourd’hui Calyos dispose de technologies prometteuses et uniques en Europe voire à l’échelle mondiale !
La Belgique dispose d’un écosystème riche en compétences et en entreprises innovantes. Même si les financements s’avèrent parfois insuffisants, il est essentiel que les acteurs belges de la technologie restent mobilisés et poursuivent leurs efforts en synergie les uns avec les autres afin de consolider la dynamique économique qui est en marche et renforcer le positionnement de la Belgique sur la scène internationale.

