200 ans à observer le ciel et la Terre

À l’occasion du bicentenaire de l’Observatoire royal de Belgique, Gate.31 vous propose de revenir sur 200 ans d’histoire, de découvertes et d’évolutions scientifiques, à travers les grands domaines de recherche qui ont façonné l’institution.

De la mesure du temps à l’exploration de l’Univers, en passant par l’étude du Soleil, de la Terre et des planètes, l’Observatoire n’a cessé d’adapter ses recherches aux grandes avancées scientifiques et technologiques.

Cet article revient également sur les temps forts qui rythmeront les célébrations du bicentenaire.

Avec nos remerciements au Dr Lê Binh San Pham, collaboratrice scientifique à l’Observatoire royal de Belgique, pour avoir répondu à nos questions.

Lê Binh San Pham, collaboratrice scientifique, Observatoire royal de Belgique. ©️ Olivier Boulvin.

Un peu d’histoire … 

L’Observatoire royal de Belgique a été fondé à l’initiative du mathématicien et statisticien, Adolphe Quetelet.  Sur sa proposition, le roi Guillaume Ier des Pays-Bas signa l’acte de fondation de l’Observatoire le 8 juin 1826. Un observatoire est construit à Saint-Josse. Quelques décennies plus tard, en 1890, l’Observatoire déménage à Uccle, là où il se trouve actuellement. De l’Observatoire sont nés deux autres instituts : l’Institut Royal Météorologique (IRM) et l’Institut royal d’Aéronomie Spatiale.

En 200 ans d’existence, l’Observatoire royal de Belgique a développé une expertise dans plusieurs domaines majeurs 

Le temps. La détermination de l’heure exacte est la plus ancienne mission de l’Observatoire qui contribue à la réalisation du temps universel coordonné (UTC), la référence internationale du temps.

En astronomie, les chercheurs étudient notamment les étoiles, leur évolution et les astéroïdes. Ils s’appuient sur des instruments installés dans plusieurs observatoires internationaux et sur des missions spatiales comme Gaia ou le télescope James Webb. Parmi les faits marquants figurent la découverte de la comète Arend-Roland en 1956 et les quelque 3 800 astéroïdes découverts par l’astronome Eric W. Elst.

Physique solaire et météo spatiale. L’Observatoire étudie aussi l’activité solaire. Il héberge notamment le centre de référence mondial pour l’observation des taches solaires. Ces recherches ont contribué au développement de la météorologie spatiale qui étudie l’influence de l’activité solaire (et de ses soubresauts) sur la Terre et les activités humaines. Elles sont notamment réunies au sein du Solar-Terrestrial Center of Excellence (STCE) qui a pour mission de renforcer la recherche en météorologie spatiale. 

Planètes, lunes et défense planétaire. L’étude de la rotation des planètes permet de mieux comprendre leur structure interne. L’Observatoire participe à plusieurs missions spatiales et est également impliqué dans la défense planétaire avec l’instrument GRASS, embarqué sur le CubeSat Juventas de la mission Hera.

La Terre sous surveillance. Grâce aux satellites GNSS comme GPS et Galileo, les chercheurs mesurent avec une grande précision les mouvements des plaques tectoniques. Ces données sont également étudiées pour leurs applications en climatologie, météorologie et météorologie spatiale.

Enfin, l’Observatoire gère le réseau sismologique belge et l’étude des bruits sismiques (ce que les sismomètres enregistrent et qui ne font pas partie des tremblements de terre) qui permettent notamment de mieux comprendre les sous-sols, de surveiller les volcans, la fonte des glaciers ou d’étudier les tempêtes océaniques du passé.

Vue panoramique de l’entrée du site du Pôle Espace, comprenant l’Observatoire royal de Belgique. ©️ ORB.

Des premiers instruments astronomiques aux missions spatiales actuelles, comment les technologies ont-elles transformé la manière dont vous observez l’Univers ?

Les recherches scientifiques de l’Observatoire sont étroitement liées aux avancées technologiques. Parmi les évolutions les plus marquantes, citons l’avènement des horloges atomiques et, plus récemment, le recours à la fibre optique pour améliorer la précision de la détermination de l’heure. Aujourd’hui, grâce aux instruments à bord de satellites, nous pouvons notamment observer le Soleil de près, faire des éclipses solaires artificielles pour observer la couronne de notre étoile (avec Proba-3, dont l’instrument ASPIICS est géré par l’Observatoire) ou travailler à la défense planétaire (avec Hera, nous venons de l’évoquer). 

Artist impression of Proba 3 satellites, for in-orbit demonstration of technologies and techniques. ©️ ESA – P. Carril

Quels sont les événements et les temps forts qui marqueront ce bicentenaire et que souhaitez-vous faire découvrir au public à cette occasion ?

Les portes ouvertes des 26 et 27 septembre constituent l’événement le plus marquant. En outre, l’Observatoire organise d’autres activités telles que les visites du département de physique solaire et de météo spatiale, les visites en soirée de la grande lunette ou les conférences au planétarium et en collaboration avec l’Académie royale de Belgique. Sans compter les publications spéciales telles que le livre « L’Observatoire royal de Belgique, 200 ans, 200 histoires » 👉🏻 Célébrons les 200 ans de l’Observatoire

« L’Observatoire royal de Belgique, 200 ans, 200 histoires ».
©️ ORB.

Après 200 ans, quels sont les grands défis scientifiques et technologiques que l’Observatoire veut relever dans les prochaines années ?

Les orientations des nouvelles recherches scientifiques dépendent spécifiquement des chefs de projets des différents domaines de recherche de l’Observatoire. En tant qu’Institut, nous soutenons nos chercheurs dans leurs activités. Notez que, de nos jours, la majorité des projets de recherche bénéficient de financements externes notamment de l’ESA et ce sont ces partenaires externes qui décident de l’attribution de financements en fonction des projets de recherche.  

Dans les prochaines années, nous continuerons les recherches liées aux missions en cours (comme Solar Orbiter, Proba-3, Hera et BepiColombo) ainsi que le traitement de données de missions récemment terminées comme c’est le cas de la mission Gaia de l’ESA. D’autres nouvelles missions sont en préparation, préparation qui peut prendre plusieurs années.

La recherche continue…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *